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7 Commentaires

JO: vers un renouveau des polars de TF1?

Alexandre LETREN

La review

LA SERIE
6.5
LE SCENARIO
6.5
LE CASTING
5
INTERET
6
6

ENCOURAGEANT

Des progrès à faire mais la série va dans le bon sens et contribue à moderniser les séries de TF1

Jeudi 25 avril. C’est la date choisie par TF1 pour lancer sa nouvelle série policière JO. Une série événement puisqu’elle réunira Jean Reno dans le rôle principal, et Rene Balcer (New York Section Criminelle) comme showrunner. De part les acteurs impliqués dans le projet et son ampleur (co-production internationale tournée intégralement à Paris, en langue anglaise), JO est un événement. Remplit-elle son contrat?

JO

Jo est un grand flic, capable d’intuitions brillantes, aussi à l’aise dans l’action que dans la réflexion, redoutable adversaire pour les tueurs qu’il traque. Héros complexe et charismatique qui porte un lourd passé, c’est quelqu’un de profondément humain et vulnérable, avec des failles et des zones d’ombre. Véritable guide pour son équipe, il est animé d’un sens de l’honneur et de la justice. Ses méthodes atypiques s’appuient notamment sur sa connaissance encyclopédique de Paris.
Chacune de ses enquêtes est d’ailleurs intimement liée à l’histoire de Paris, ville qu’il connaît mieux que personne. La capitale apparaît comme un personnage à part entière de la série et occupe une place centrale.

L’arrivée d’une série comme JO coïncide, hasard du calendrier, avec l’annulation de Julie Lescaut par la chaîne, soit une volonté nette de renouveler entièrement le polar sur son antenne, sans avoir perpétuellement « le cul entre deux chaises » (pardonnez l’expression familière), entre la fiction des années 90 et celles plus modernes des années 2010. En choisissant un scénariste confirmé comme René Balcer pour superviser cette série, TF1 veut marquer un grand coup: « Tous les scénarios passent entre mes mains et mon ordinateur » (René Balcer).
Avec son héros pour le moins torturé (ancien alcoolique, il a fait une attaque cardiaque dans le passé en raison de ces problèmes d’alcool, père et mari absent), ses histoires plutôt sombres, son tournage entièrement à Paris en langue anglaise, TF1, via Atlantique Productions (Borgia), marque un grand coup et renouvèle l’mage de ses polars.
Chaque épisode de la série débute par la découverte d’un corps dans un lieu mythique de la capitale (Notre-Dame dans le premier, la Concorde dans le second) et entraîne Jo et son équipe dans des histoires toutes plus sombres les unes que les autres.
En parallèle, on suit les tentatives de Jo pour se rapprocher de sa fille, une jeune femme tout autant larguée que son père. La présence de Jean Reno dans le rôle de ce filc loin des carcants des héros de TF1, fait plaisir à voir. On peut lire dans le visage du comédien (dans son interprétation du personnage) tout le poids de ces années de perdition dans lesquelles Jo a sombré. C’est un homme à bout et au bout que l’on prend en début de série et c’est ça qui est intéressant. Comme un homme arrivé au bout du chemin et qui veut réparer les erreurs qu’il a commise. Mais si le personnage est en lui même réussi, on a du mal dans les deux premiers épisodes qui ont été présenté à voir en lui le grand flic qu’il est (après tout, la série telle Columbo/Monk ou Castle porte son nom). Il est bon oui mais on aurait pu s’attendre à plus de fulgurance. Il n’a pas le côté « flic ordinaire » de New York District mais n’a pas non plus celui plus « super flic » de New York Section Criminelle. C’est cette entre-deux qui gène un peu. Gageons que c’est une donnée qui ne demande qu’à s’affiner et s’améliorer au fil des épisodes.

JO

Mais revenons aux scénarios. Le rôle de showrunner a été confié donc à René Balcer, qui a très longtemps oeuvré sur Law and Order et Law and Order: Criminal Intent. Et cela se voit, on reconnait la patte je trouve des histoires de la série de Dick Wolf.
Comme dans la plupart des histoires de Section Criminelle, les histoires de JO commencent sur un schéma assez similaire: la future victime est présentée dans son environnement de base, dans une scène plutôt banale; puis on la découvre quelques temps plus tard, morte; la police fait les premières constatations et le générique de la série démarre. De même que dans Section Criminelle les enquêtes ne sont jamais ce qu’elles paraissent être, c’est aussi le cas dans JO. Le second épisode en est un bon exemple: on part d’un prof d’escalade en apparence mort après avoir cherché à grimper l’obélisque de la Concorde et on termine par une sombre histoire de famille. En ça, l’arrivée d’un auteur de la carrure de René Balcer, rompu à l’écriture des séries policières, fait plaisir et surtout du bien. Il apporte aux scénarios une complexité qui rappelle les séries américaines mais qui manquait assez souvent aux polars français de TF1. René Balcer entraîne les protagonistes de ces histoires dans leur part la plus sombre, qu’il s’agisse de Jo ou des personnes impliquées dans les meurtres. Tel Paris présenté sous un beau jour (belles images, belles prises de vues) mais qui génère des meurtres sordides, les personnages de JO sont en apparence « propre sur eux », mais dès lors que l’on gratte, le vernis craque.

JO
Côté personnages, je l’ai dit, le personnage de Jo est intéressant car ce n’est pas à priori un personnage sympathique. Drogué, alcoolique, fils d’une prostituée, il a traversé une période ultra sombre dans sa vie, délaissant femme et enfant, un passé qui a encore des traces aujourd’hui: il cherche à se racheter de ses erreurs mais ses vieux démons refont surface comme lorsqu’il s’en prend au petit ami dealer de sa fille. Mais avec un personnage aussi fort, campé par un comédien avec la carrure de Jean Réno, il y a un risque: voir les seconds rôles faire de la figuration. Et dans l’équipe de flics, c’est un peu le cas dans ces deux premiers épisodes. Difficile de s’attacher à l’un d’entre eux. Un peu comme dans Section Criminelle où la personnalité de D’Onofrio est tellement forte qu’elle vampirise l’attention, laissant sur le bas côté ses partenaires. C’est aussi un peu le cas ici malgré les tentatives de nous présenter cette équipe comme une petite famille que Jo renterait de reconstituer (en l’absence de la sienne). De même, Jill Henessy (Preuve à l’appui) a le rôle d’une religieuse qui fait le lien entre Jo et sa fille Adèle, mais son personnage est peu ou mal exploité.
En revanche, même s’il ne s’agit pas de la relation la plus originale du monde, j’aime assez le lien qui se développe entre Jo et sa fille. Cette relation me rappelle un peu celle de Lennie Briscoe (Law and Order) avec sa fille (ceux qui ont vu la série  savent comment cette histoire terminera), de même que Jo a par moment un petit côté Briscoe, ce bon flic mais torturé. A ceci près que Jerry Orbach amène dans son personnage plus de subtitlité et de sensibilité. Et de lumière aussi. C’est peut-être ce qui manque à la série, de la lumière. La série est sombre et on peine par moment à y entrevoir de l’humour, de la légèreté, aussi bien dans les personnages que dans les histoires.

JO

JO arrive donc sur nos écrans et vous allez pouvoir juger sur pièce ce qu’est cette nouvelle série policière. Pour répondre à la question posée dans le titre, oui je pense que la série va booster sérieusement les polars de TF1. Même si elle est loin d’être parfaite, elle est en tout cas un signal encourageant envoyé pour changer le visage des séries policières de la première chaîne d’Europe. Ce mouvement devrait se confirmer dans les prochains mois avec des séries comme Crossing Lines ou Falco, des nouveautés qui, dans leur écriture, devraient apporter un sérieux coup de vieux à des séries comme R.I.S ou Section de recherches (qui marchent encore très bien sur l’antenne). En revanche, JO n’est pas la série qui va moderniser les séries policières dans son ensemble. Engrenages y est beaucoup mieux parvenu pour moi car la série a su conserver son identité française. Ce qui n’est, pour moi, pas le cas de JO qui est plus une série américaine tournée à Paris.
TF1 est sans doute pas loin de penser la même chose puisque sur le site de la chaîne, la série est classée dans la catégorie « Séries Etrangères ».

Petit détail en guise de conclusion. Il existe une version internationale de JO qu’il serait intéressant de découvrir pour voir ce que nos amis de l’étranger vont voir et pas nous. Par exemple, le générique de la version étrangère de JO est différent, aussi bien dans les images que dans la musique. On y retrouve beaucoup plus ce côté sombre que la série semble vouloir adopter dans son écriture. Le générique visible en France est « plus TF1 » donc moins intéressant à mon goût.

Crédits: © Atlantique Productions/ TF1
Source: TF1

  • belz22

    La version internationale en anglais est en effet plus sobre, et se déroule dans un ordre un peux différent. Par exemple, l’épisode présenter en #2 par TF1 (Place de la Concorde) est #3 dans la version international, le #4 de TF1 (Pigalle) est #2 dans la version internationale et le #3 de TF1 (Les Invalide) est le #4 internationale. Il y a aussi deux ou trois scènes dans la version international que TF1 ont supprimé. Et la musique est différente – par exemple, le musicien dans la premiere scène de « Notre Dame » joue de l’orgue, le Requiem de Mozart (le thème de la série étant un homme face a la mort).
    La série s’achemine tres bien et abouti a un climaxe tres satisfaisant dans l’épisode #8 « Les catacombes ». Le jeu de Reno est stupéfiant.

    • Merci, parce que j’allais décrocher dès le deuxième….

  • Pingback: ExPRESSeries #30 – 25/04/13 – Go pour Jo sur TF1 + Monster, Grey’s, Revenge, Odysseus, The Originals, séries scandinaves… – It's TV News !()

  • gomalexwood

    Je n’ai vraiment pas aimé JO et jean reno. Je l’ai vu à la fois en version française et internationale.

    Pas d’action, rhythme de montage très très mou, intrigues et histoires clichées au possible.
    Qu’est-ce qui peut bien couter 2 millions d’euros par episode alors qu’il n’y a quasiment pas de scènes d’actions, d’effets speciaux , de décors spéciaux ?
    Jean Reno est un bon acteur, mais ici il est vieillot; les bras balants et n’arrivant meme plus à marcher droit.

    Le pire étant la bande son musicale. Celle-ci est vraiment bizarre par rapport à d’autres series du meme genre. De ce côté ci, la version internationale est encore plus catastrophique que la version qui passe sur TF1… avec des musics en décalage complet avec l’image et du saxophone qui donne un côté polar des années 70… bref du grand n’importe quoi qui clot en beauté cette critique.

  • vosges

    super serie grande serie francaise tres bonne intrigues policiere jean reno est excellent dans cette serie

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